Mais être authentique, comme être résilient, bienveillant, et autre concept néopsy à tendance vidé de son sens… qu’est-ce que c’est, au juste ?

Être authentique, c’est l’anti-plastique. Être soi, vrai. Faire une force de ce qui nous rend unique. Faire la différence par nos différences.

Ligne de conduite qui n’est déjà pas facile à tenir personnellement dans n’importe quel échange impliquant plus d’une personne, on vous l’accorde. (Si, parfois on peut échanger avec soi-même, et on peut vous dire que ça apporte des débats très intéressants, et qu’on peut même se faire la gueule un moment) (non, nous ne sommes pas plusieurs dans une tête) (oui, ceci est un débat schizophrénique en didascalies).

BREF.

Si ce monde pangolinesque dans lequel on avance masqué rend l’authenticité difficile à porter à titre individuel… que dire de l’authenticité en entreprise ? Plus dur encore… de l’authenticité dans le mot entrepreneurial, dans sa communication ?

C’est en partie pour répondre à cette question qu’Oxymore (and more) est née. Pour nous autoriser à oser. Parce que ce sont les reliefs et les aspérités qui interpellent, qui marquent. Qui donnent du sens. Ne pas promettre de beige, mettre de la couleur dans chaque jour… Et se faire accompagner pour bien nommer et ne pas passer à côté…  S’éviter une « Ardissonade » qui passerait l’authentique dans la moulinette de la provocation. Chaque mot compte, s’il est bien choisi.

Ce qu’on appelle aujourd’hui « le management à la papa », a été longtemps le management tout court. Gérer « en bon père de famille »… Le rôle était alors aussi clair que le verbe : un leader infaillible, qui sait, qui guide, qui ordonne. On ne demandait pas d’être authentique, seulement d’être charismatique. Ou juste despotique.

Aujourd’hui, il n’y a plus de patron. Et nous observons la dérive inverse, comme dans tout bon pendulier social : trop de verbe tue le verbe. Aujourd’hui il y a des managers, des dirigeants, des boss, des CEO, des N+3… des plein de trucs. Il y a des happyness officers. Des babyfoot. Des mots creux, des copier-coller. Encore des mots, toujours des mots, rien que des mots. Et des barbes. Beaucoup trop de barbes. La barbe a remplacé la cravate.

Pourtant l’heure est à l’enthousiasme, à l’énergie. Partout, il y a des humains qui essaient, qui échouent. Qui réussissent. Qui ont du plaisir. Qui en transmettent. Qui innovent pour de vrai… et donc n’ont pas besoin de le dire. CQFD. L’authenticité lie tellement le dire au faire, et vice versa, qu’elle invente le flagrant délit de superflu.  Aujourd’hui on ne veut pas que la lessive lave plus blanc que blanc, on veut qu’on nous dise ce qu’on a mis dedans. On veut faire des choix dans le juste.

Bien se connaître, bien se nommer, pour bien se comprendre et bien se vivre.

Qu’on nous donne l’envie. L’envie d’avoir envie.  (Vous êtes tellement conditionnés par le mot !)