Même si Dalida, philosophe devant l’éternel, chantait dans sa grande sagesse il y a quelques années à peine « Paroles, paroles », les mots sont bien plus que de simples papillons frôlant nos oreilles.

Des poignards ou des leviers, des déclarations et des cœurs brisés. En entreprise, le mot est partout, tout le temps, notre meilleur ennemi. Alors mieux vaut l’apprivoiser, le dompter même, que de concourir aux championnats du monde de langue de bois.

Car oui, en entreprise comme ailleurs, ça va sans dire mais ça va mieux en le disant. En entreprise comme ailleurs, et après avoir tourné 7 fois sa langue dans sa bouche quand même, il est bien plus efficace d’être vrai et authentique. De toute façon, Michel, ton non verbal vient de dire à ta place.

Alors à la machine à café, quand on voit ce qu’on voit, et qu’on entend ce qu’on entend, on se dit qu’on a pas le cul sorti des ronces. Si vous nous passez l’expression. Ou plutôt non d’ailleurs, ne la passez pas.

N’est-ce pas merveilleux de temps en temps que de s’autoriser le mot exact, celui qui dit le fond de notre pensée ? Que ce fournisseur n’est pas le couteau le plus affûté du tiroir, par exemple. Que ce concept casse pas trois pattes à un canard. Que Natacha-du-service-communication se prend pas pour la queue d’une poire. Qu’avec des scies, on coupe du bois. (L’homonymie, mère de tout bon jeu de mot) Qu’il a rendu un livrable dé-gueu-lasse ! (le mot oui, l’intonation ENCORE PLUS)

Bon, sinon, il reste l’art de la dilution :

  • « Il a un rapport conflictuel et relatif avec la notion de délais contractuels. »
  • « Il est enjoué comme un jour de novembre dans la Meuse et le brouillard. »
  • «  Sa force de proposition se situe entre le beige et le blanc cassé. »
  • « Elle a la rapidité du poulpe sous respirateur. »
  • « Son ventre entre dans la pièce avant lui. »

Et pourtant, pourtant… ce sont les mots qui nous donnent l’envie, l’envie d’avoir envie, de venir bosser le matin. Les mots bleus, ceux qui rendent les gens heureux.